(Re)découvrir l’Irlande en littérature (16/27)

Ce qui fait la richesse de ce territoire

Paper, c’est le réseau social de la culture. Et c’est aussi un réseau européen issu de cette culture unique de l’échange, du partage que nous avons construit à travers les siècles, donnant naissance à de grands mouvements comme les Lumières ou l’humanisme.

Parce que nous voulons vous montrez la richesse de ce patrimoine européen, nous vous proposons un voyage en 27 étapes à travers l’Europe littéraire.

Après la Slovaquie, nous poursuivons aujourd’hui notre voyage avec l‘île d’émeraude : l’Irlande.

Les voyages de Gulliver, Jonathan Swift

Sans doute l’une l’œuvre la plus connue de toute la littérature Irlandaise, on oublie en revanche bien souvent que cette œuvre satirique, d’une rare insolence pour l’époque. Mais les multiples versions édulcorées du livre le résument bien souvent à un conte pour enfant.

C’est l’économie boursière qui inspira à Swift l’écriture de cette satyre sociale. Comme beaucoup de commerçants britanniques et irlandais, il a été victime du krach boursier de 1720. Les cours des actions de la compagnie des Mers du Sud est brusquement passée de 128 à 1050 livres, avant de s’effondrer brutalement, ruinant bon nombres d’actionnaires.

Ces fluctuations de “tailles” d’action, se moquant éperdument des moeurs de la société inspirèrent à Jonathan Swift cette série de 4 Voyages dans des contrées imaginaires peuplés d’individues aux tailles allant de 6 pouces, pour les habitants de Lilliput, à des géants, comme sur Brobdingnag, ou encore peuplées de magiciens, ou de chevaux intelligents. C’est à chaque fois l’occasion d’échanger et de considérer les sociétés humaines de son temps avec une regard décalé.

Le portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde

De tous les écrivains Irlandais, Oscar Wilde est probablement le plus connu, et sans aucun doute le plus charismatique, tant et auteur incarne à lui seul le stéréotype même du dandy.

Dans Le Portrait de Dorian Gray, il raconte l’histoire du héros éponyme, un jeune homme doté d’une beauté surréaliste et dont un peintre vient d’achever le portrait.

Il émettra le souhait que son portrait vieillisse à sa place, ce qui va bel et bien se réaliser. Mais en retour, l’insouciant et plaisant jeune homme devient cruel, et chacune de ses mauvaises action se retrouve sur les traits du portraits.

Un livre fantastique, au sens figuré et littéral du terme !

On s’est déjà vu quelque part ? de Nuala O’Faolain

Nuala O’Faolain est une figure du journalisme Irlandais. Dans son livre, elle nous livre son regard sur plusieurs décénies d’une période décisive pour son pays, déchiré par la haine entre les catholiques et les protestants, les indépendantistes face à l’ombre toujours présente de l’Angleterre.

Ce récit n’est pas une grande aventure, mais sa richesse tient en réalité de la “normalité” de la vie de Nuala, qui nous fait part des doûtes qui l’ont traversés, avec l’envie, constante, d’être une femme libre, ce qui n’était pas si évident dans un pays où la religion (et c’est tout le problème) est aussi ancrée.

Si le récit se montre volontiers touchant, c’est surtout un précieux document sur la fragile identité irlandaise, qui trouve aujourd’hui un équilibre après des décennies de déchirures.

Ceux qui restent, de Jane Casey

Ce thriller halletant commence en 1992. Sarah, gamine irlandaise de huit ans qui, sans le savoir, s’endors en voyant son frère pour la dernière fois.

20 ans plus tard, alors qu’elle vit toujours avec sa mère, alcoolique et dépressive, car son frère n’est toujours pas revenu, en enseigne la littérature anglaise.

En plein jogging, elle découvre le cadavre de l’une de ses élèves.

Rapidement, les deux affaires, à vingt ans d’intervalles semblent liées.

Un thriller comme on en trouve qu’en Irlande, avec un esprit, un mystère, et surtout un humour parfois grinçant qui mériterai d’être raconté dans un pub, bière à la main.

Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon

IRA. Ces trois lettres étaient synonyme de terreur en Irlande pendant des années. L’Armée Révolutionnaire Irlandaise. Selon son point de vue dans cette Irlande déchirée entre catholiques et protestants, passait pour une armée héroïque, soit pour un dangereux groupe terroriste.

L’auteur prend le temps de nous expliquer ce climat à travers le regard de l’un de ses proches, Denis Donaldson, activiste de l’IRA qui a collaboré avec les autorités britanniques avant d’être assassiné au début des années 2000.

Dans ce livre, il n’y a plus de héros, ni de martyr. Seulement des décisions à prendre.

Le saviez-vous ?

L’emblème officiel du pays n’est pas le trèfle, mais la harpe celtique.

Le réseau social des créateurs inspirants

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