(Re)découvrir l’Allemagne en littérature (10/27)

Ce qui fait la richesse de ce territoire

Paper, c’est le réseau social de la culture. Et c’est aussi un réseau européen issu de cette culture unique de l’échange, du partage que nous avons construit à travers les siècles, donnant naissance à de grands mouvements comme les Lumières ou l’humanisme.

Parce que nous voulons vous montrez la richesse de ce patrimoine européen, nous vous proposons un voyage en 27 étapes à travers l’Europe littéraire.

Après la Lettonie, nous poursuivons aujourd’hui notre voyage de l’autre côté du Rhin, avec l’Allemagne

Le Chateau d’Eppstein, d’Alexandre Dumas

Alexandre Dumas est sans doute l’un des écrivains les plus éclectiques de la littérature Française. Nous connaissons tous les aventures des 3 mousquetaires, ou encore le Comte de Monte-Cristo.

Cette fois-ci, l’auteur nous emmène dans un décor typiquement allemand, avec ce roman gothique, où un comte s’égare dans une forêt allemande, et se voit contraint de passer la nuit dans un vieux chateau. Hanté, bien évidemment.

Dans ce récit imprégné de légendes germaniques, Dumas reste dans la plus pure tradition gothique, en nous plongeant dans une atmosphère glaçante.

L’Allemagne est une terre de légende, et de sentiments violents, à l’image de ce roman iconique de l’époque.

Berlin Alexanderplatz, d’Alfred Döblin

Quand on imagine le Berlin des années 1920, on imagine que le contexte politique empiète sur tout le reste. Mais ici, aucune mention de la montée du nazisme.

Dans cet immense classique allemand, Döblin décrit une ambiance festive, où l’alcool coule à flot dans une ambiance de fête.

Le héros du roman, Franz Biberkopf, sort de prison pour tenter de réintégrer honnêtement la société.

Berlin se dévoile par ses bas-fonds, à travers les petits métiers et petite magouille de l’époque.

S’il fallait le comparer à un autre livre de l’époque, ce serait sans doute le Voyage au bout de la nuit, de Louis Ferdinand Céline, tant le ton et l’usage de l’argot est présent. Ce livre occupe une place importante dans la culture allemande…

Le poisson mouillé, Volker Kutscherz

Là encore ce livre se déroule dans le Berlin des années 1920, bien que le livre soit contemporain (il est paru en 2007).

Dans cet excellent polar, premier d’une séries d’enquêtes le contexte politique est beaucoup plus présent : les tensions entre différents factions communistes sont une toile de fond à l’enquête de Gereon Rath.

Entre le contexte, la corruption généralisée de la police et les intrigues politiques, le Poisson mouillé saura vous tenir en haleine dans ce Berlin magnifiquement décrit.

Il a été adapté en une série, Babylon Berlin, qui a connue un réel succès critique.

Le tambour, Günter Grass

Prix Nobel de littérature en 1999, Günter Grass est considéré par beaucoup comme le plus grand écrivain allemand de la seconde moitié du XXe siècle.

Ce roman, publié en 1959, est considéré comme l’un des premiers à pouvoir être qualifié de “réalisme magique”.

Il raconte l’histoire d’Oscar Matzerath, jeune homme qui rédige son autobiographie depuis l’asile d’aliéné dans lequel il est enfermé depuis 1952.

Doué d’une intelligence hors norme avant même d’être né, Oscar raisonne d’une façon très étrange. Par exemple, il faudra la promesse d’un tambour pour son 3e anniversaire pour qu’il cesse de vouloir revenir dans le ventre de sa mère.

Surtout, il dispose d’un étrange pouvoir : un cri qui peut briser un vitre à distance. Et enfin dernier élément, qui constituera l’ensemble du récit : de ces 3 ans, il refuse d’entrer dans le monde des adultes, et décide donc purement et simplement d’arrêter de grandir…

Comment son regard va-t-il évoluer alors que le nazisme monte à travers tout le pays ? On vous laisse le découvrir en parcourant les pages de cet immense chef d’œuvre de la littérature Allemande, et même mondiale.

Fontaine d’appartement, Jens Sparschuh

Alors que l’Allemagne de l’Est et le bloc Soviétique s’effondrent en même temps que le Mur de Berlin, Lobek se trouve démuni. Après 3 ans de chômage, il fini enfin par trouver un emploi… de représentant en fontaines d’appartement.

Le summum du capitalisme au yeux de cet habitant de l’ex-RDA qui peine à comprendre cette culture.

Il n’est pas le seul à avoir du mal, car la plupart des habitant de son länder sont assez réticent à l’objet qu’ils tentent de leur vendre. Jusqu’au jour où, enfin, le succès vient frapper à sa porte.

Avec le parti pris d’un humour mordant, Jens Sparschuh nous montre les affres de la réunifications sous un regard différent que la simple libération de la RDA.

Pour aller plus loin

Le réseau social des créateurs inspirants

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