(Re)découvrir la République Tchèque en littérature (8/27)

Ce qui fait la richesse de ce territoire

Paper, c’est le réseau social de la culture. Et c’est aussi un réseau européen issu de cette culture unique de l’échange, du partage que nous avons construit à travers les siècles, donnant naissance à de grands mouvements comme les Lumières ou l’humanisme.

Parce que nous voulons vous montrez la richesse de ce patrimoine européen, nous vous proposons un voyage en 27 étapes à travers l’Europe littéraire.

Après la Belgique, nous poursuivons aujourd’hui notre voyage avec la République Tchèque.

Le terrier, Franz Kafka

Si la République Tchèque est un petit pays dont on n’entend pas parler souvent, c’est en revanche une terre d’écrivains. Et bien sûr, on penses tout de suite au plus fameux d’entre eux : Franz Kafka

Plutôt que de vous présenter ses romans les plus connus, comme le Procès, le Château ou encore la métamorphose, on a voulu vous présenter celui-ci, moins connu. C’est aussi son tout dernier texte.

Le Terrier, comme souvent chez Kafka, est un récit étrange. Le narrateur est un être mi-homme, mi-bête. Fier d’avoir achevé son terrier, il espère vivre en paix coupé du monde. Mais il vit dans la terreur permanente de voir un ennemi entrer dans son logis pour le tuer. Il entreprend alors de construire un véritable labyrinthe pour se protéger.

Ce récit est d’autant plus prenant qu’on n’en connaît pas sa fin : il demeure inachevé en plein milieu d’un phrase.

Le brave soldat Chvéïk, de Jaroslav Hasek

Autre immense classique de la République Tchèque, l’histoire du Brave soldat Chvéïk. Ce roman satyrique raconte l’histoire d’un soldat tchèque enrolé dans l’armée austro-hongroise.

Il montre un regard cynique sur la guerre, et l’étrange position des tchèques pendant la première guerre mondiale. Sachant que pendant la guerre, elle faisait partie de l’Empire Austro-Hongrois, et après, de la Tchécoslovaquie jusqu’en 1990.

Il montre un réel plaisir à ridiculiser les officiers supérieurs dans le roman, qu’il nomme volontairement comme ses propres officiers supérieurs pendant qu’il était soldat.

Fidèle à sa personnalité d’anarchiste alcoolique, Hasek fait commencer le roman dans un bar de Prague, la veille de l’assassinat de François Ferdinand, qui plongera l’Europe dans la Première Guerre mondiale. La suite est une continuité de scènes où les représentants de l’autorité sont ridiculisés un par un.

L’Insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera

Aujourd’hui, Milan Kundera (92 ans au moment où nous rédigeons ces lignes) incarne à lui seul une véritable légende vivante de la littérature tchèque.

L’insoutenable légèreté de l’être, sans doute son roman le plus connu. S’il raconte essentiellement une histoire d’amour dans le contexte de l’invasion soviétique du pays, c’est surtout une manière de montrer la vie intellectuelle et artistique à Prague.

Kundera y développe de nombreuses réflexions philosophiques, notamment autour du concept d’Eternel Retour de Nietzsche.

Ce roman contemplatif nous invite aussi à regarder la notion de “kitsch” sous un autre regard, et à nous méfier de la nostalgie.

Contemplatif et intellectuel, ce roman est pourtant extrêmement simple à lire. Kundera reste avant tout un véritable écrivain, qui veut avant tout servir son récit, et plaire à son lecteur.

Moi qui ait servi le roi d’Angleterre, de Bohumil Hrabal

La République Tchèque n’est décidément pas avare en grands écrivains. Bohumil Hrabal est l’auteur prolifique d’un grand nombre d’ouvrages où transpire un humour noir et décalé à propos des grands événements traversés par le pays au cours du XXe siècle.

Comme bien des grands écrivains de l’époque, Hrabal s’est attiré les foudres du régime avec ses livres, et tout particulièrement celui-ci

Dans Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, le héros est un petit serveur de Prague. Il va être le témoin de son temps, celui de l’annexion de son pays par l’Allemagne nazie. De cette période que beaucoup jugeraient dramatique, il va au contraire profiter d’argent facilement gagné.

Le narrateur aimait bien les allemand. Pour l’auteur, c’est surtout une manière de s’en prendre au “politiquement correct” tchèque des années 60 et 70. Ce qui ne sera vraiment pas au goût du régime Tchécoslovaque…

Les 7 églises, de Milos Urban

Les amateurs de thriller vont adorer découvrir Prague en compagnie de Květoslav Švach, un ancien policier, grand amateur d’histoire médiévale.

La particularité de ce roman est le niveau de précision géographique de chaque lieu de la capitale de la république Tchèque, et tout particulièrement sur sept églises (celles du titres).

Véritable croisement entre le moyen-âge et notre époque, ce roman est considéré aujourd’hui comme la tête de gondole de la nouvelle littérature tchèque.

Pour aller plus loin

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